mardi 21 août 2007

Réflexion sur la crise des "subprimes" d'août 2007

La crise des "subprimes" d'août 2007, que peu de professionnels ont vu venir, devrait inciter les entreprises à réfléchir sur leur stratégie actionnariale.

En effet, si le capital des entreprises cotées étaient détenu par une part plus importante d'actionnaires individuels, on peut imaginer que la volatilité de leurs cours de bourse serait moins capricieuse et moins sujette à l'attitude souvent moutonière et incohérente des gérants de fonds.

La grande masse des fonds gérés par les gérants de Sicav et autres fonds de placements provient de l'épargne de millions et demain de milliards d'épargnants individuels. L'argumentaire principal déployé par les sociétés de gestion et les banques pour inciter ces épargants à leur confier leur épargne est, devant la complexité des marchés et la multitude de sociétés cotées, qu'il est impossible pour un individu normal, c'est à dire non professionnel, de s'y reconnaitre et donc de faire les bons choix d'investissement qui s'imposent.

Malheureusement, tout le monde ne peut que constater les erreurs incoyables qui ont été et sont commises par ces mêmes professionnels. Ce sont eux qui ont fait confiance à Enron, à Permalat, une société de distribution de lait à qui les banques ont prêté, sans sourciller, des milliards d'euros sur une activité dont les marges sont ridicules, les mêmes qui ont investi dans les "subprimes" sans analyse sérieuse des risques encourus. Et demain, qu'elles seront les nouvelles mauvaises nouvelles de la gestion collective.

Croyez-vous que ces professionnels vont s'excuser de leurs erreurs. Ils ne l'ont jamais fait et leur rémunération n'en a jamais pâti, ce qui n'est pas le cas de votre épargne. Non, demain, ils vont continuer à nous donner des conseils de"professionnels".

Le résultat de ce beau gâchis est que les épargnants vont se détourner de la bourse, véritable poumon de l'activité économique d'un pays au profit des produits d'épargne sans risque et moins utiles à l'économie.

Les épargnants vont-ils continuer à faire confiance à ces "professionnels"? Rien n'est moins sûr! Et tant mieux!

Croyez-vous qu'un individu normal aurait fait les mêmes erreurs? On peut en douter. Non! Il aurait investi son épargne dans des entreprises qu'il connait, qui sont dans son environnement géographique et professionnel, dont il connait le secteur économique et dans lesquelles il fait confiance au management. Ses décisions seraient peut-être moins "professionnelles"mais, à n'en pas douter, plus efficaces et plus pérennes. Le lien qui serait crée avec cet actionnaire serait plus fort et plus "charnel" qu'avec un gestionnaire professionnel qui doit acheter et vendre, sans distinction, les titres qu'il a en portefeuille, en fonction des choix et des directives soi-disant rationnels de sa direction. De plus, puisqu'ils sont "jugés" sur leur performance hebdomadaires, comment voulez-vous qu'ils puissent avoir une vision à long terme de l'entreprise? Ils vont se détourner d'une entreprise plus que centenaire car son résultat trimestriel sera inférieur de 5% par rapport à leur prévision. Est-ce sérieux?

Le risque d'un désamour vis à vis de la bourse est réel et préjudiciable à nos économies. Il faut l'enrayer!

Chefs d'entreprises cotées et responsables des relations investisseurs et actionnaires profitez-en pour redéployer vos actions vers les actionnaires individuels. Ce sont des gens responsables et qui vous seront fidèles si vous en valez la peine. Bien sûr, cela ne peut se faire en un jour, mais si vous prenez cette direction, demain ce ne sera plus 10% mais 15 puis 20 puis 25% de votre capital qui sera entre de "bonnes mains". Il suffit de s'y mettre et de garder le cap. Le jeu en vaut la chandelle d'autant plus que le coût d'une telle politique devient presque anecdotique grâce aux nouvelles technologies de l'information et internet.

Il faut s'intéresser aux épargnants, individuellement, ils le méritent plus que ces "professionnels" qui sont votre "cible" prioritaire mais qui vont vous lâcher à la moindre alerte dont ils sont, eux-mêmes, responsables.
Merci de votre intérêt et à bientôt,
Frédéric Lemaître

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