Actionnaires individuels réveillez-vous et prenez votre destin en main !
Face au comportement incohérent des marchés et de leurs principaux intervenants, les investisseurs institutionnels, il est grand temps pour les actionnaires individuels de reprendre le destin de leur épargne en main.
Actionnaires individuels, vous avez tous les atouts en main pour gérer directement vos investissements en actions. Voici pourquoi !
Cela fait des années que les marchés connaissent une volatilité incontrôlée dont les fondements sont incompréhensibles par la plupart d’entre nous et dont l’incohérence est patente.
Près de 90% des transactions sur le CAC 40, comme sur les principaux indices mondiaux, sont le fait des investisseurs institutionnels, c’est donc là où il faut aller chercher les explications.
Que l’on ne dise pas que cela est la faute des « Hedge Funds » dont une des vocations est la recherche de gains à travers des comportements spéculatifs. Car, pour spéculer à la baisse, par exemple, il faut bien pouvoir emprunter des titres que l’on va vendre à découvert pour les racheter à un cours plus faible afin de les restituer à ceux qui les ont prêtés, et réaliser, ainsi, cette plus-value tant recherchée.
Devinez auprès de qui ces « Hedge Funds » vont emprunter de telles quantités de titres ? Eh bien auprès des institutionnels qui les ont en portefeuille.
Voila une belle façon de se tirer une balle dans le pied, dans un langage imagé. En participant à la baisse de titres qu’ils gèrent pour le compte d’autrui, en l’occurrence, nous, les épargnants, les investisseurs institutionnels et autres sociétés de gestion lèsent ceux qui leur ont confié leur épargne.
Peut-on continuer à confier la gestion de nos portefeuilles actions à des professionnels qui ont un tel comportement ? La réponse est forcément non !
Les analystes financiers, conseillers des investisseurs institutionnels, ont aussi leur part de responsabilité. Ils ont instauré, insidieusement, la dictature du court terme. Inlassablement, depuis de nombreuses années, ils orientent la communication financière des entreprises vers toujours plus de fréquence de publication de leurs résultats. Aujourd’hui, nous en sommes aux résultats trimestriels et demain ?
Quoi de plus dérisoire que de juger une entreprise, parfois centenaire, engagée dans une stratégie de développement à long terme, le plus souvent en phase de restructuration et d’investissements lourds pour relever les défis de la concurrence, de la mondialisation et des nouvelles technologies, sur ses résultats trimestriels !
Que doit-on penser du cours de bourse d’une entreprise qui va s’effondrer de 20 à 30% parce que ses résultats trimestriels sont inférieurs de 5 à 10% aux attentes des analystes ? Est-ce sérieux ? C’est tout simplement absurde !
La troisième explication provient du comportement incroyablement « moutonnier » des professionnels des marchés.
Vous aurez remarqué que tous les professionnels attendent impatiemment et avec anxiété, chaque jour, chaque semaine et chaque mois, la publication de statistiques, plus particulièrement américaines, pour agir ou réagir. Ainsi, le fait qu’il y ait tant de chômeurs de plus un mois donné alors qu’il y en aura tant de moins le mois suivant, qu’un indice de confiance des consommateurs baisse alors qu’il va remonter le mois suivant, et voilà les Bourses qui plongent ou se ressaisissent sans crier gare ! Personne ne peut comprendre, raisonnablement, le pourquoi du comment de ces mouvements perpétuels de va et vient, pas même les professionnels si prompts à agir et à réagir au moindre indice si fluctuant d’un jour, d’une semaine, d’un mois ou d’un trimestre sur l’autre qu’il n’a déjà plus d’importance dès sa publication !
En résumé et en simplifiant à l’excès, si les cours de bourse sont si volatils c’est que les professionnels raisonnent tous de la même manière et agissent tous au même moment et dans le même sens.
Est-ce un comportement responsable et surtout efficace en termes de performance de gestion ? Certainement pas !
Les actionnaires individuels ont-ils le même comportement ? Les faits démontrent que non quel que soit le pays concerné ! Surtout lorsqu’ils gèrent directement leurs propres économies et leur portefeuille d’actions.
En effet, tout d’abord, ils sont très nombreux (plus de 7.000.000 en France) : autant d’actionnaires, autant de comportement (du spéculateur à l’investisseur « éthique ») et autant de motivations (du rendement à la plus-value). Une telle diversité de comportement et de motivations est, incontestablement, un gage de moindre volatilité des cours de Bourse.
Ensuite, leur relation avec les entreprises est plus « charnelle » ; c’est ce que l’on appelle « l’affectio societatis ». Ils ne vendront pas immédiatement et sans retenue l’action d’une entreprise qui les a, peut-être déçue, sur un résultat trimestriel, semestriel ou annuel. Cela a été prouvé par toutes les études au cours des années passées.
Ils sont donc prêts à « tenir une position » dans la tourmente lorsqu’ils font confiance à un chef d’entreprise, à une équipe de direction, à une stratégie, à un secteur économique ou à d’autres paramètres qu’ils jugent plus importants qu’un résultat trimestriel.
Bien sûr, cette confiance peut être trompée par des chefs d’entreprise malhonnêtes, cupides, incompétents, mais croyez-vous que les professionnels les auraient « débusqués » plus facilement ? La preuve que non lorsque l’on se réfère aux scandales qui ont défrayé la chronique (ENRON, WORLDCOM, TYCO, PARMALAT…).
C’est ainsi que chacun d’entre nous possède la capacité d’être un actionnaire actif et performant. Nous avons accès aussi facilement à l’information financière des entreprises que les professionnels grâce à une Presse abondante et de qualité et à la diffusion des nouvelles technologies de l’information qui ont permis l’explosion des sites d’informations financières et boursières.
Plus nous serons nombreux, plus la raison l’emportera sur l’incohérence. C’est l’important, le long terme, qui prendra le dessus sur le dérisoire, le résultat trimestriel.
L’investissement en actions est un acte trop sérieux pour être laissé seulement aux mains des professionnels !
Les chefs d’entreprises cotées et les hommes politiques doivent réfléchir à cette question et trouver de bonnes réponses pour favoriser le développement de l’actionnariat individuel. Déjà un certain nombre de chefs d’entreprises ont engagé une réflexion dans ce sens. C’est déjà un premier pas porteur d’espoir pour un renouveau des marchés financiers.
Une des plus grandes entreprises françaises s’est donné comme objectif de « recruter » plus de 100.000 actionnaires individuels de plus : quel beau défi !
La politique ne se fait peut-être pas à « la Corbeille » mais « la Corbeille » c’est le cœur du financement des entreprises : il ne faut pas l’oublier !
Frédéric Lemaître
Président – Directeur Général
Fair Disclosure Management SA
lundi 4 juin 2007
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1 commentaire:
Bravo Frederic.Tres bons articles!
Pierre Bontemps
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